Vendredi 16 novembre 2007
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Lorsque mon métier sera d'ébouer
je viderai vos ordures ménagères
avec la force gracile de NOUREEV
la précision obsessionnelle d'un horloger de NEUCHATEL.
Sur vos poubelles je graverai des poèmes
que vous lirez quand vous aurez le temps.
Sur vos poubelles je disposerai des mots inventés
sur lesquels les passants se pencheront
pour y trouver ce qu'ils voudront.
Lorsque lon métier sera d'ébouer
j'ébouerai à tours de bras fluorescents
je me priverai de café, des journeaux du matin
de l'ouverture des petits commerces sous le premier soleil
des odeurs gratuites des fruits et légumes du cours LA FAYETTE
j'ébouerai jusqu'à m'en faire péter les vaisseaux de la tête
et accepterai enfin sans rougir mes étrennes de la démence.
Lorsque mon métier sera de vider vos poubelles
je m'exécuterai avex tout le zèle que j'aime
sans autre objectif que celui de vider, vider
vider, vider encore et tous les jours
entraîné par un calendrier toujours identique.
Lorsqu'un jour on m'enfermera
dans une grande bâtisse avec des murs blancs
veuillez vider mon appartement de ses photos obsolètes
de ses fleurs fanées, de ses bouteilles vides, de mes costumes
cravates, chaussures et autres objets du même acabit.
Veuillez à ce que le travail soit bien fait
comme à l'époque où je gravais sur vos poubelles
des poèmes que j'espère, vous parcourrez un jour ...
Quand vous aurez le temps.